Un vendredi soir sur la terre

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Alors que les médias sportifs français tentaient vainement de faire un évènement de la finale de Coupe de France entre Rennes et Guingamp (non mais sérieusement dans quel état de déprime fallait-il être pour regarder ce match samedi soir ?…), une fois de plus LE match du weekend se déroulait ailleurs. Pour une fois c’était en France, à Tours plus exactement pour LE choc de l’année en Ligue 2. L’équipe locale, le Tours Football Club, accueillait Boulogne sur Mer pour une place au soleil sur le podium de
la Ligue 2 et pour continuer à rêver d’un accessit en Ligue 1. Comme d’habitude Docteur Soccer ! avait senti le coup et s’était déplacé pour couvrir ce match entre deux candidats à la montée. Retour sur une soirée d’anthologie. 


Qu’il est bon d’éteindre sa télévision, de jeter « l’Equipe » à la poubelle et d’aller faire un tour au stade. On y retrouve alors ce qui fait l’âme du football. Je ne vous parle pas des matchs sous haute sécurité au Parc des Princes ou au Vélodrome, à 50€ la place derrière le poteau de corner, au milieu d’une bande de skinheads, après avoir été fouillé quatre fois, quand il faut emmener les jumelles pour voir des joueurs – trop payés – donner le meilleur d’eux-mêmes dans l’unique but de se faire repérer par les émissaires de Bolton ou de Wolfsburg. 

Je vous parle d’un autre football, qui se pratique encore dans quelques unes de nos villes de province, quand par une fin d’après-midi ensoleillée, une vaillante équipe de Ligue 2 fait vibrer tout un stade comme si il s’agissait d’une finale de Coupe du Monde. C’est arrivé pas plus tard que vendredi dernier et nous étions sur place pour couvrir l’évènement. Ca s’est passé au Stade de la vallée du Cher, écrin de verdure bercé par le Cher, comme son nom l’indique, une enceinte qui sent bon la frite et la saucisse, où la place en virage derrière le but au milieu des pupilles du club vaut 5€. 

12 000 spectateurs s’étaient déplacés pour soutenir les locaux, tout justes promus du National et équipe surprise de la Ligue 2. Entrainés par Daniel Sanchez qui fut le successeur d’un certain Arsène Wenger à Nagoya, les Tourangeaux sont actuellement imprenables à domicile, où ils présentent le meilleur bilan du championnat, et ailleurs, puisqu’ils restent sur douze matchs sans défaite dont neuf succès. Leur jeu porté vers l’attaque fait les délices des spectateurs et il était grand temps que Docteur Soccer ! parle enfin d’une équipe que l’on commence à surnommer le Barça de l’Ouest. Les 32 supporters de Boulogne sur Mer qui avaient fait le déplacement ont pu s’en rendre compte; et on imagine que l’ambiance dans le bus qui les ramenait vers le Nord a dû être relativement cafarde après la correction subie par leur équipe. 

Au coup d’envoi les Nordistes emmenés par leur capitaine emblématique Grégory Thil avaient pourtant fière allure dans leurs maillots bleu marine et rose fluos, qui n’avaient rien à envier à ceux du Stade Français. Ils ont cependant vite déchanté. Assiégés toute la première mi-temps par les attaques des Tourangeaux, ils ne durent leur salut qu’au talent de Bédénik leur gardien, tant Atik et Diarra, les deux ailiers tourangeaux, ont fait vivre un véritable cauchemar à la défense boulonnaise durant tout le match. Les partenaires de Thil rentrèrent tout de même aux vestiaires avec un avantage d’un but, sur un penalty plus que généreux attribué par l’arbitre alors que le temps additionnel de la 1ère mi-temps était largement dépassé. 

Mais il en fallait plus pour démoraliser les joueurs du TFC. Julio Santos leur arrière central brésilien réalisa une « Thuram » dès le retour des vestiaires en inscrivant 2 buts de la tête en 1 minute (56e, 57e) dans une ambiance de folie. Puis le stade explosa pour le but du 3-1 marqué par Giroux sur penalty à la 62e. En moins de 10 minutes Tours venait d’anéantir tous les espoirs de montée de Boulogne-sur-Mer. Dans le même temps le FC Metz faisait match nul et le TFC s’installait sur le podium de la Ligue 2. La fin du match ne fut qu’une longue succession de « olas » ponctuées par les raids de Tenema N’diaye le buteur maison et de Gaëtan Bong l’arrière gauche surpersonique des Bleus. En défense le jeune et prometteur Laurent Koscielny fut comme d’habitude impérial, écœurant les Boulonnais de sa classe et multipliant les relances impeccables. Espérons simplement que les membres du Big Four ne l’aient pas encore repéré. Et dire que Claudiu Keserü, la star du club, était blessé et sera absent jusqu’à la fin de la saison…

Bref les Tours’N  Boys (qui avaient malencontreusement mis leur banderole à l’envers ce soir là) ont pu chanter « Qui ne saute pas n’est pas Touran-geau » et « Ici c’est Tours » toute la nuit de la Rue Nationale à la place Plumereau, ils pouvaient être fiers d’une équipe dont on reparlera et qui a fait un grand pas vers la Ligue 1. Le lendemain en une « l’Equipe » résumait pour une fois assez bien, et non sans une pointe d’humour, la soirée en titrant « Un Tours de magie ».

On peut donc encore vibrer dans un stade de football pour 5€ et c’est peut-être la vraie info de cet article.

Allez les gars encore 3 matchs!!!

Pour Docteur Soccer, Pierre Costar

 

4 Réponses à “Un vendredi soir sur la terre”


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