Lyon… dans la brume électrique

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Rien ne va plus pour l’OL. Les défaites se succèdent, les joueurs traînent la patte et Benzema ne marque plus. Mais que se cache-t-il derrière cette spectaculaire dégringolade ? Soucieux d’aller chercher l’info à sa source, Docteur Soccer! est parti enquêter à Lyon, hier. Reportage.

Mercredi matin, 9 heures. Le taxi nous dépose à l’entrée du centre d’entrainement. Le chauffeur rechigne à aller plus loin, et refuse de nous attendre ici. « C’est pas très sûr dans le coin. Moi je reste pas là les gars ». Nous descendons de voiture, direction les terrains de foot, via le parking des joueurs. Des morceaux de verre brisé craquent sous nos pieds. Probablement de vieilles bouteilles éclatées dont les débris se sont fondus parmi les graviers. Peut-être l’indice que Sydney Govou est dans le coin.

Au bord de la pelouse, trois ou quatre vieux supporters tapent la causette, tirent sur de vieux clopes, et se désintéressent du terrain. Faut dire qu’il y a pas grand monde à l’entraînement ce matin. Le pauvre Jean-Alain Boumsong, tout frais et bien rasé, est arrivé le premier, à 8h30. Personne n’a suivi, sauf Rémy Vercoutre. Le gardien remplaçant est guilleret, il galope comme un gamin, se tire des pénos à lui-même, contre le mur extérieur du vestiaire. Il a toujours la foi. 

Claude Puel semble résigné, barbe de trois jours, coiffure improbable. Le coach fait un concours de jongles avec le préparateur physique. « ça fait un mois que les joueurs ne viennent presque plus s’entraîner, soupire le jardinier. Ils passent de temps en temps, taper un peu la balle. Mais bon… » Les pâquerettes et les pissenlits poussent en toute liberté au milieu des herbes hautes.

10 heures. C’est clair, y’a rien à voir, sinon le délabrement d’un club qui se laisse glisser sans résistance dans les marécages de la loose. On a compris. On n’a plus rien à faire ici, ça sent la zone désaffectée. Nous même, on commence à angoisser un peu. En se dirigeant vers la sortie, on aperçoit Jean-Michel Aulas en costard trois pièces, sapé comme un soir de Titre. Y’a un truc qui cloche. Le président parle tout seul. Il fait semblant de serrer des mains, salue de loin quelqu’un en direction de la salle de presse, derrière nous. On se retourne. Personne.

En traversant à nouveau le parking, on est intrigué par un inaudible hip-hop qui semble sortir d’un opulent 4/4, via des enceintes aux basses ultra puissantes. On va jeter un oeil. C’est Fred Piquionne, qui se saccage les tympans en astiquant les marbres de son Cayenne. Sur le siège passager, Benzema roule un pétard en battant la mesure de la tête. 50 cent sans doute. Derrière nous, Juninho, qui vient de se garer, leur lance un regard désespéré. Visiblement, le Brésilien est d’une humeur massacrante et se montre peu bavard lorsqu’on s’approche de lui. « Tout ce que je peux vous dire, c’est que je vais m’en faire un aujourd’hui. ça va saigner du tibia. Ce sera probablement pour la gueule d’Antho » [Reveillère, ndlr]. On décide de rester un peu.

11 heures. Les joueurs sont arrivés au compte-goutte. Le groupe n’est pas au complet mais un petit 5 contre 5 s’organise avec ceux qui ont répondu présent. Fabio Grosso semble avoir pris beaucoup de poids. « Il était déjà pas rapide en début de saison », lance Pjanic, mis à l’écart, nombre paire oblige. « Mais là, faut voir la caravane qu’il se traîne. Quand il essaie de déborder, tu peux presque le rattraper en pas-chassés ».

Juni est très remonté, mettant la semelle sur tout ce qui bouge, particulièrement les guiboles des collègues. En l’absence de Reveillère, qui a prétexté un début de grippe porcine, c’est François Clerc qui va faire les frais de la colère du capitaine. Une vilaine béquille dans le mou de la cuisse. Le défenseur sanglote. Il sera remplacé par Ederson, qui a revêtu un maillot floqué au nom de Gourcuff.

Cette fois c’est bon. On en a assez vu. Par chance, Cris est sur le départ et propose de nous ramener jusqu’à la gare de Perrache, plus ou moins sur la route de son coiffeur, qui l’attend pour midi. Sympa, Cris.

de notre envoyé spécial Philippe Chounard  

 

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