
Voila une affaire qui va faire grand bruit dans le landernau footballistique français. Présents hier soir au Parc des Princes pour assister à la désespérante victoire marseillaise contre le PSG, nous avons été témoins dans les vestiaires d’une scène hallucinante. L’équipe parisienne célébrant sa défaite au champagne sur fond de retentissants « Atchik-atchick-aïe-aïe-aïe ». Après une enquête éclair nous sommes aujourd’hui en mesure de vous révéler pourquoi personne ne veut être champion de France cette saison. Âmes sensibles s’abstenir.
Certaines coïncidences sont troublantes. Cette année à chaque fois qu’une équipe s’est retrouvée en mesure de dépasser Lyon pour s’installer en tête de la Ligue 1, elle a aussitôt subi une série de défaites totalement inexplicables. Après Marseille, Rennes et Bordeaux, hier soir le PSG n’a pas fait exception à la règle se laissant dominer par une piètre équipe marseillaise largement à sa portée. Alors que nous pensions trouver les joueurs parisiens abattus après le match, quelle ne fut pas notre surprise d’entrer dans un vestiaire rayonnant de joie. Participant à la liesse générale Sébastien Bazin le président du club a même lancé un tonitruant « Ce soir les gars c’est double prime et lundi pas d’entraînement vous avez votre journée !». Pendant ce temps, sous nos yeux ébahis, Claude Makélélé félicitait Zoumana Camara pour son exclusion qui a permis aux marseillais de prendre l’avantage et de remporter la partie.
Abasourdis par cette scène surréaliste nous avons cherché à en savoir plus grâce au réseau d’informateurs dont dispose Docteur Soccer !au sein du club parisien. Après quelques réticences c’est finalement Jérôme Rothen qui a accepté de lâcher le morceau : « Écoutez les gars je vais tout vous dire si vous me promettez de ne pas donner mon nom (ndlr : désolé Jérôme), voila… c’est à cause du nouveau trophée. Il est vraiment trop cafard, on dirait une stèle ou un truc mortuaire, c’est vraiment infect. Du coup personne ne veut gagner le titre cette année. Je ne veux pas me taper cette horreur sur la cheminée jusqu’à la fin de ma vie. Vous imaginez-vous un jour dire à vos gosses que vous avez été champions de France et leur montrer cette merde ? Désolé mais c’est au dessus de mes forces. Alors oui c’est triste à dire mais on se bat tous pour la 2e place… ».
Consternés par ces aveux poignants auxquels nous avons dans un premier temps refusé de croire, nous avons alors contacté quelques joueurs clés des grosses cylindrées du championnat. Leurs témoignages sont accablants. Que ce soit Alou Diarra à Bordeaux « Ah, vous êtes au courant pour le trophée ? », le Rennais Rod Fanni « Je suis prêt à marquer contre mon camp pour qu’on ne gagne pas cette daube » ou Bolo Zenden buteur hier soir « Si je ramène ça, ma femme me fout dehors », tous confirment la terrible vérité.
Selon Pierre Ménès « C’est un secret de polichinelle dans le milieu, on ment au public depuis trop longtemps. C’est très dur à porter, mais comment voulez-vous dire aux gens que depuis 7 ans toutes les équipes à part Lyon se battent pour la 2e place. Cette année avec la statue funéraire c’est pire, car même les joueurs d’Aulas s’y mettent ! ». Voila donc l’explication de la pathétique défaite Lyonnaise 2-0 à Gerland hier contre des Auxerrois emmenés par Benoit Pedretti. Quelle horreur…
Fiscalité trop contraignante, stades vétustes, culture de la gagne inexistante, tous les maux dont ont été accablés les clubs français depuis des années ne sont donc que des écrans de fumée. Ce dont souffre réellement le football hexagonal c’est de ses infects trophées. Le ridicule homme tronc qui récompensait naguère le champion de France a été remplacé l’année dernière par une sorte de sculpture funéraire en acier prosaïquement surnommée dans le milieu « La mort du foot », sans doute la coupe la plus cafarde de l’histoire du sport. Le plus navrant dans toute cette affaire est sans doute que l’ « artiste » qui a réalisé le nouveau trophée de la Ligue 1 n’est autre que Pablo Reinosa, le démoniaque créateur de la Coupe de la Ligue.
Cet homme est le fossoyeur du foot français. Qu’il crève.
Pour Docteur Soccer, Leandro Cachaça







Voir ce trophée, ça donne envie d’embrasser le bouclier de Brennus. Pour moi qui suis lyonnais, je me rappelle fort bien qu’un dispositif avait été prévu, en juin dernier, lorsque les joueurs ont dû pour célébrer leur victoire présenter cette chose à la foule place des Terreaux. A l’heure dite, le compte à rebours écoulé, Juninho tend quelque chose vers le ciel mais exactement au même moment, des personnages cagoulés cachés un peu partout dans la foule font péter une batterie de fumigènes, si bien que pendant vingt minutes, le temps que le trophée passe par tous les joueurs, l’hotel de ville, les joueurs et les batiments a l’entour disparaissent dans une épaisse fumée blanche qui pique les yeux. Chaque année, même scénario. Ce trophée, c’est le refoulé de l’inconscient collectif lyonnais.